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De jolies trouvailles dans ce salon où finalement se cotoient représentants de commerce, artisans et clubs de scrap.

A mon avis beaucoup trop de scrap et bien peu de bruit sur le reste des stands,notamment sur les ateliers.

Remarquez, moi aussi je le cherche: aller dans un salon scrappé à mort pour aller s'initier à la tapisserie d'Aubusson, vraiment a-t-on idée? Bref, je me suis retrouvée seule devant un métier à haute-lisse. C'est intéressant mais ce n'est pas vraiment une activité transportable! Dans le train, je crois que je vais continuer à faire du boutis. J'ai bien aimé et si un jour j'ai du temps, je ferai un vrai stage (si l'association a des sous...un jour!) et nous pourrions faire des démonstrations et qui sait des stages...

J'ai pu trouver un abat-jour original et quelques fournitures. Il n'y avait pas autant de choix que je m'y attendais, une évidence vu le nombre de stand de scrap.

Après avoir laissé mon cher et tendre en admiration devant une machine à broder tout automatique, je suis allée faire un tour de salon.

Je tombe sur le stand de boutis de Dominique Fave et là, admiration. Je connaissais son travail, elle m'avait donnée envie de travailler sur soie. Elle crée des modèles vraiment originaux, après c'est une affaire de goût (et moi j'aime).

Après, les choses se gatent un peu, je tombe sur un stand de boutis aseptisé, je vous assure ça existe. Impossible de voir un boutis de près, donc absolument interdit de toucher, soupeser, apprécier le point, la finition, le poids de l'ouvrage. Tout ce qui fait pour moi le plaisir du boutis était strictement interdit. Alors une petite photo d'ensemble, de loin avec le tel portable? Interdit aussi... Le motif: ce sont des modèles prêtés. Ok, mais ce sont des modèles copiés dans des revues ou livres de boutis...Un seul créateur en vue mais le modèle est publié sur internet à bien des endroits et bien mieux photographié. Sous la lumière bien trop forte des néons, avec mon petit portable, les photos sont bien dégradées, je défie quiconque de pouvoir en tirer une copie.

C'est aussi le cas sur d'autres stands où on me fait (en plus!) vaguement la morale : c'est une règle de vie. Non, une règle de vie c'est ne pas jeter ses mégots (partout autour du salon) ou papiers par terre (partout dans le salon), répondre au bonjour d'une personne qui se présente à son stand et même sourire, en gros être poli, propre, respectueux et honnête. Bizarrement quand ces règles là sont baffouées personne ne réagit.

Je réplique qu'une règle doit être connue pour être appliquée, or il n'y a aucun panneau interdisant une photo (je precise: une photo d'ensemble pour souvenir, pas un gros plan sur un modèle bien entendu). On me répond: nous on le sait. Ca m'a faite rire : les exposants le savent! Bien sûr, c'est eux qui l'imposent!

On me répond à nouveau : dans un musée c'est interdit. Sauf qu'on n'est pas dans un musée, loin de là, on est dans une exposition commerciale ne contenant aucune pièce rare ou ancienne qui risque d'être abimée par le flash et vu le nombre des spots fort puissants, je doute de la pérennité de telles pièces!

On me trouve un autre argument : c'est par peur de la copie "avec internet maintenant hein...". Là aussi ça me fait rire. D'abord à cause de la piètre qualité de mes photos, ensuite parce que les marchands/artisans ont mis sur leur site ou plaquettes d'information (donc officiel) les photos de leur stand bien mieux faites avec des gros plans . Pour une copie c'est le rêve. Il y a aussi le fait que pour copier, il faut avoir le savoir-faire, impossible à imprimer sur la mémoire d'un appareil. Cela m'amène au dernier contre-argument : les copieurs ne font pas de photos, ils achètent un exemplaire de l'objet, ils l'étudient et le refont.

Pas avares en arguments on me dit qu'il peut y avoir des créations et le créateur ne veut pas que ça soit publié . Alors pourquoi exposer dans ce genre d'endroit, avec une foule aussi dense? Pourquoi faire son site internet avec en gros plan les détails de l'oeuvre? Pour garder une oeuvre secrète, garder sa précieuse idée, trop tard. Cela signifie alors que le créateur est un schizophrène: il fait des oeuvres pour ne pas être connu, et ne veut absolument aucune publicité. Un artiste très modeste en fait. Ca existe?

A bout d'argument on finit par me dire : "c'est comme ça c'est la règle". Une règle qui n'est pas affichée et qui ne ne protège de rien.   

Il est évident que la première raison est purement commerciale et absolument pas morale : inciter les gens à acheter. La peur de la copie est extrêmement forte et donc on tombe dans l'absurde. Un peu comme la grippe A.

Il y a une autre raison qui n'est pas commerciale (quoique...): le contrôle de l'image. Pas de son image mais de l'image de ses oeuvres (ou de l'oeuvre des autres). On livre SES photos, bien cadrées et bien éclairées sur SON site (donc gratuitement). Interdiction qu'il y en ait d'autres ailleurs. Et on fait passer la pilule sous un prétexte moral : "ça se fait pas" (en clair : c'est pas poli, pas respectueux). On détourne la culpabilité vers les autres en évitant le sujet peu glorieux du contrôle à l'extrême. Je reconnais que les photos sur les sites sont bien mieux faites. Je reconnais que quitte à copier, autant aller sur les sites officiels. Je reconnais la pertinence du dernier argument. Et c'est le seul que l'on ne m'ait pas donnée.

Je ne ferai plus de photos, non pas pour des raisons morales ou de protection commerciale, mais parce qu'il y en a des bien plus réussies, officielles et gratuites.